L’armée syrienne a annoncé que les quartiers kurdes d’Alep, dans le nord de la Syrie, seraient considérés comme une « zone militaire » mercredi après-midi et mis en place des « couloirs humanitaires » pour la sortie des civils.
Des accrochages sporadiques opposent les forces gouvernementales et kurdes dans cette ville, au lendemain de violences qui ont fait 9 morts.
« Les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafieh seront considérés comme une zone militaire à partir de 15h00 locales », a annoncé l’armée, précisant que deux « couloirs humanitaires » étaient mis en place pour la fuite des civils avant ce délai.
Les écoles, les administrations et l’aéroport sont restés fermés ce mercredi à Alep.
Mardi, les affrontements étaient les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu’à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l’intégration des institutions de l’administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien.
« C’était une ville fantôme cette nuit, aucune activité, les magasins fermés, les rues plongées dans le noir en raison des coupures de courant », a raconté à l’AFP Abdel Karim Baqi, un homme de 50 ans qui a fui avec sa femme le quartier kurde d’Achrafieh pour se réfugier chez des proches.
L’agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté.
Ce qui a été démenti par le représentant de l’autorité autonome kurde à Damas, Abdel Karim Omar, qui a souligné à l’AFP que ces zones, sont tenues par les forces de sécurité intérieures kurdes (Asayish) « qui ne disposent que d’armes légères ». Rappelant que les deux quartiers kurdes d’Achrafieh et cheikh Maqsoud étaient « encerclés ».
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, plus de 130 maisons ont été détruites dans les deux quartiers kurdes d’Alep sans compter les commerces
Face aux violences, les autorités ont décidé mardi soir de suspendre pour 24 heures tous les vols de l’aéroport de la deuxième ville de Syrie et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux.
Les affrontements ont éclaté mardi alors que les discussions patinent pour la mise en œuvre de l’accord signé en mars, qui était censé intégrer avant fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l’Etat syrien.
Source: Avec AFP



